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Deuil pour deuil, an pour an

  • Photo du rédacteur: Isabelle Sojfer
    Isabelle Sojfer
  • 11 juin
  • 3 min de lecture

Avez-vous connu des deuils sans décès ?


On emploie le mot deuil aussi pour une rupture, un licenciement, une déception... Le mot est ici utilisé au sens de renoncement. On fait son deuil d'une relation amoureuse, d'une espérance, et même d'un objet. Entre les déménagements, les fins d'école, les pertes en tous genres, les trahisons sentimentales ou amicales, nous aurions à vivre jusqu'à deux cents deuils au cours de notre existence. Je ne sais plus où j'ai lu ça.


Mais alors, quelle différence y a-t-il entre une perte ordinaire, et un deuil, un vrai, suite à un décès ?


Je me suis souvent demandé comment j'aurais réagi si, avec mon compagnon, nous nous avions banalement fini un jour par nous séparer.


Je lui aurais certainement trouvé a posteriori toutes sortes de défauts. Lorsque je suis déçue par quelqu'un, je fais un inventaire de tout ce que je peux lui reprocher. Je mets sur la liste un tas de choses sur lesquelles je fermais les yeux quand je l'aimais. C'est un mécanisme de défense psychologique. J'aurais donc monté en épingle certains de ses traits, anecdotes à l'appui, et j'aurais dressé de lui un portrait beaucoup moins avantageux.


Est-ce que je peux dire qu'en mourant, il a évité de me décevoir ? Pas vraiment. C'était dégueulasse de m'abandonner juste quand il devenait évident que j'allais perdre ma mère. Je précise qu'un soupçon de suicide pèse sur la mort de mon compagnon. J'ai eu beaucoup de colère, presque autant que de chagrin. À un moment, je n'étais pas loin de penser que mourir avait été pour lui une façon extrême de me larguer. Pourtant, même dans cette hypothèse, je n'ai pas éprouvé le besoin de le trouver pire qu'il n'était. C'était en fait très différent d'une rupture avec un vivant, car au bout du compte, je ne pouvais pas douter de son amour.


Finalement, c'est l'amour du défunt pour nous, autant que le nôtre pour lui, qui rend sa mort si tragique, sa perte si douloureuse, son absence si cruelle, si incompréhensible.


On pleure qui nous aimait.


De là à ne plus se sentir aimé(e) du tout, il n'y a qu'un pas que bien des endeuillé(e)s franchissent.


Si la personne qui vous aimait n'est plus là pour vous aimer, qui donc va pouvoir le faire ? Vous. En premier lieu. Même si vous avez la chance d'avoir encore d'autres personnes qui vous aiment, vous devez absolument vous aimer pour supporter ce qui vous arrive.


Vous aimer signifie être bon(ne) et bienveillant(e) avec vous-même, vous vouloir du bien, ne pas vous mettre la pression. Ce n'est pas quelque chose qu'on vous a appris à l'école ou dans votre famille. La société pousse au contraire à la compétition, à la vanité, au désamour de soi-même et à la culpabilité. Sans même s'en rendre compte, certaines personnes en deuil se mettent dans un état d'esprit punitif qui décuple leur chagrin.


Faites donc l'exercice de vous féliciter chaque fois que vous mettez un pied devant l'autre (l'exercice est expliqué en détail dans l'ebook à télécharger en bas de la page d'accueil du site). Parlez-vous gentiment. Tapotez-vous le dos pour vous consoler quand ça ne va pas. Appelez-vous par de gentils petits noms, par exemple ceux que vous donnait la personne défunte. Dites-vous quelque chose du genre : «  Ça va aller, ma puce, tu vas y arriver. Courage ! »


Voyez la petite lumière dans la nuit.


Cliquez sur le cœur et commentez si ça vous parle.


D'autres pistes pour bricoler sa vie après la perte d'un être cher dans DEPUIS QUE TU ES AU CIEL (le livre) 



 
 
 

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